L’ICV est une thérapie récente, créée dans les années 2000, qui se fonde sur la théorie de l’attachement et sur les connaissances issues de la neuropsychologie. Elle a pour objectif de permettre à la personne d’intégrer son histoire de vie de façon cohérente et chronologique pour que les événements passés (notamment traumatiques et douloureux) soient perçus comme révolus par son système nerveux.
Elle a deux axes de travail (cf site web li-france.com) :
- Le premier consiste à permettre l’intégration d’un événement traumatique spécifique (décès, maladie, accident, agression…) <— Intervention ponctuelle (1-2 séances)
- Le second consiste en un travail de fond permettant à la personne d’intégrer son histoire de vie dans sa globalité et par là même à se sentir en sécurité à l’intérieur d’elle-même. <— Psychothérapie ( durée variable en fonction de chacun, mais l’ICV n’est pas une thérapie dite « brève »)
Pour les curieux – Un peu plus de détail !
Les traumas perturbent le fonctionnement normal du cerveau, notamment le système limbique et l’hippocampe, ce qui altère la façon dont il inscrit les événements en mémoire. En pratique, certaines expériences ne peuvent pas être intégrées et restent « en suspens » – c’est comme si notre cerveau savait théoriquement que ces événements sont terminés mais que notre corps/nos émotions/notre système nerveux avaient du mal à le croire. Par conséquent, une partie de nous est comme coincée dans un ou plusieurs moments traumatiques et continue d’utiliser des stratégies adaptatives qui étaient fonctionnelles sur le moment mais sont parfois dysfonctionnelles aujourd’hui. C’est ce qui explique notamment que parfois nous reproduisons sans comprendre vraiment pourquoi des comportements qui nous rendent malheureux, ou que nous nous engageons de façon récurrente dans des relations dysfonctionnelles. A noter que nous n’avons pas besoin pour cela d’avoir vécu de « gros » traumatismes typiques (accident, décès…) : la répétition de « petits » traumatismes – et notamment de traumas relationnels – produit le même effet.
L’enjeu du travail en ICV n’est pas de comprendre ce qui s’est passé (avec son cerveau), mais de ressentir dans son corps que ce qui s’est passé est fini et terminé – et que les stratégies qui nous ont permis de traverser ce moment sont périmées.
Le travail en ICV permet :
- D’intégrer un ou plusieurs événements traumatiques spécifiques, de les ressentir comme terminés, mettant ainsi terme aux symptômes du TSPT (flashbacks, sentiment de déconnexion, cauchemars, troubles somatiques, etc).
- De connecter petit à petit toutes ces parties de nous qui étaient coincées dans des situations du passé, de se sentir davantage unifié.e, cohérent.e, solide.
- De renforcer le soi actuel et d’être ainsi capable de dire oui, dire non, de savoir ce que l’on aime et ce que l’on n’aime pas, ce qui nous ressource et ce qui nous heurte, de faire des choix, de poser des limites.
- De gagner en capacité d’adaptation (choisir des stratégies fonctionnelles) et en souplesse pour ce qui est sécure et nous fait du bien. De gagner en affirmation de soi et en assertivité pour ce qui ne nous convient pas ou nous met en danger.
- D’être plus présent.e au présent : d’avoir la possibilité de kiffer 🙂 et de se révolter.
Quelques ressources
Vidéo de présentation par Joanna Smith et Catherine Clément
Vidéo de présentation par Élise Castonguay
Vidéo de présentation du système nerveux / théorie polyvagale